Les planètes proches de leur étoile, comme c'est le cas de la majeure partie des exoplanètes connues à ce jour, finiraient par y tomber et disparaître.
Stéphane Fay
La chute d'une exoplanète sur son étoile serait un phénomène répandu. C'est ce que viennent de montrer Brian Jackson et son équipe de l'Université d'Arizona. Les chercheurs ont étudié les orbites des exoplanètes proches de leur étoile, et ont découvert que, dans de nombreux cas, ces orbites sont propices à des effets de marée importants entre étoile et planète, conduisant alors cette dernière à se rapprocher de plus en plus de son étoile jusqu'à être happée.
En effet, une exoplanète très proche de son étoile exerce une attraction gravitationnelle qui attire la matière de l'astre au point de déformer sa surface. Si cette exoplanète tourne autour de l'étoile plus vite que l'étoile ne tourne sur elle-même, le bourrelet qu'elle provoque à la surface de l'étoile exerce en retour une force de rappel qui freine la planète. Celle-ci se rapproche alors inexorablement de l'étoile et, en-deçà d'une certaine distance, elle finit par se disloquer et être engloutie par l'astre.
Ce pourrait être le destin de l'exoplanète CoRoT-7b : plus proche de son étoile que Mercure du Soleil, elle devrait s'y consumer dans un milliard d'années. Un destin pas toujours inéluctable. La gravitation exercée par l'étoile peut par exemple arracher l'enveloppe gazeuse d'une planète trop proche d'elle, ne laissant qu'un petit noyau rocheux. Cette perte de masse de la planète la sauve alors : moins sensible aux effets gravitationnels de l'étoile, elle ne ralentirait pas et pourrait ainsi survivre plus longtemps.
Cet effet de marée destructeur expliquerait pourquoi les exoplanètes proches de leur étoile sont généralement jeunes : elles n'ont tout simplement pas le temps de vieillir... On comprend également mieux pourquoi les exoplanètes détectées par transit - c'est-à-dire observées en train de passer devant leur étoile - sont également plutôt jeunes. En effet, un transit suppose que l'objet soit proche de son étoile. Les exoplanètes à transit ont donc une vie brève.
Autre conséquence possible mais non encore observée : les vieilles étoiles ayant englouti une exoplanète auraient une vitesse de rotation anormale. La vitesse de rotation d'une étoile diminue en général avec le temps. Mais lorsqu'une exoplanète tombe sur une étoile, son moment cinétique s'ajoute à celui de l'étoile, donnant à celle-ci un « coup de pouce ». Ainsi de vieilles étoiles dont la rotation serait anormalement élevée constitueraient des cibles idéales pour étudier la disparition des exoplanètes par effet de marée.