Actualité : Pacemaker et hackers

10/02/2010
Actualité
Informatique

Pacemaker et hackers

Un nouveau système de communication qui associe ondes radio et ultrasons protégerait des tentatives de piratage les stimulateurs cardiaques et autres dispositifs médicaux implantés.

Loïc Mangin

Tout possesseur d'ordinateur, voire aujourd'hui de téléphone mobile intelligent (un smartphone de type iPhone) est au courant des risques qu'il prend vis-à-vis d'éventuels pirates informatiques qui en voudraient au contenu de ses appareils. Différents systèmes de protection existent et d'autres sont en développement. Cependant, il est des appareils tout aussi vulnérables et auxquels on pense moins, ce sont les dispositifs médicaux implantés, comme les stimulateurs cardiaques. En effet, beaucoup de ces machines sont désormais dotées de moyens de communication sans fil (par des ondes radio) par lesquels elles fournissent aux médecins, par exemple, diverses informations en temps réel. Ce faisant, ces nouvelles fonctionnalités les mettent à la merci d'individus mal intentionnés qui souhaiteraient récupérer des informations personnelles, épuiser les batteries ou perturber le fonctionnement des appareils. Pour résoudre ce problème, Claude Castelluccia, de l'INRIA, à Grenoble, Kasper Rasmussen, de l'Institut suisse de technologie, à Zurich, et leurs collègues ont proposé une solution.

Leur méthode est fondée sur l'utilisation d'ultrasons qui permettraient au dispositif médical de déterminer la distance exacte qui le sépare du lecteur qui communique avec lui. Ce faisant, l'accès aux appareils pourrait être limité à un rayon d'action de 10 mètres, par exemple. Le système proposé associe aux ondes radio, qui transportent les informations, un émetteur d'ultrasons qui serviraient à calculer l'éloignement du lecteur, auquel un microphone serait ajouté. Seuls les individus présents dans le périmètre défini seraient ainsi autorisés à accéder, via le lecteur, au dispositif médical.

Un protocole de communications, qui prend également en compte une série d'authentifications, a été mis au point pour assurer les échanges entre les deux appareils. Ce protocole est peu gourmand en énergie, ce qui évite de trop solliciter les batteries du dispositif implanté, difficiles à remplacer. Un prototype a été construit, testé et breveté. Le déploiement à l'échelle industrielle est en cours.

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Pacemaker et hackers
© ETH Zurich

Un dispositif médical a été placé dans la cavité abdominale d’une vache en vue de tester une nouvelle méthode d’authentification fondée sur l’émission d’ultrasons.

L'auteur

Loïc Mangin est rédacteur en chef adjoint à Pour la Science.

Pour en savoir plus

K. Rasmussen et al., Proximity-based Access Control for Implantable Medical Devices, Proceedings of the ACM Conference on Computer and Communications Security, 2009.

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