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Dossier Pour la Science N°68 - juillet - septembre 2010

fondamental - Physique

Calcul quantique avec des ions

En manipulant un à un des atomes suspendus dans le vide, les physiciens élaborent les premiers éléments qui constitueront les futurs ordinateurs quantiques.

Christopher MONROE et David WINELAND

Au cours des dernières décennies, la vitesse et la fiabilité des ordinateurs ont spectaculairement augmenté. Les microprocesseurs actuels concentrent près d'un milliard de transistors sur quelques centimètres carrés de silicium. À l'avenir, les composants seront encore plus miniaturisés et leur taille approchera celle de simples molécules.

À cette échelle et au-dessous, les ordinateurs pourraient devenir très différents de ce que nous connaissons. En effet, leur fonctionnement sera régi par les lois de la physique quantique, qui expliquent le comportement des atomes et des particules subatomiques. Or exploiter pleinement les propriétés quantiques serait une avancée considérable : les ordinateurs quantiques pourraient effectuer certaines tâches importantes beaucoup plus vite que les ordinateurs classiques (voir Le calcul quantique peut-il tout faire ?, par S. Aaronson, page 112).

La plus connue de ces tâches est sans doute la décomposition d'un grand nombre entier en produit de deux nombres premiers. La multiplication de deux nombres premiers est une opération simple pour les ordinateurs, même si les nombres en question comportent plusieurs centaines de chiffres. Mais la factorisation, c'est-à-dire l'opération inverse, est tellement difficile que la plupart des algorithmes de cryptage en usage à l'heure actuelle y ont recours, depuis le commerce sur Internet jusqu'à la transmission de secrets d'État.

En 1994, Peter Shor, alors aux Laboratoires AT&T, aux États-Unis, a montré qu'un ordinateur quantique pourrait en théorie casser ces codes de cryptage facilement, parce qu'il serait capable de factoriser les entiers beaucoup plus vite que tout algorithme classique connu. Et en 1997, Lov Grover, également aux Laboratoires...

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David Emmite

DES ORDINATEURS À IONS PIÉGÉS pourraient coder et traiter des données à l’aide de chaînes d’ions se comportant un peu comme les billes de métal suspendues dans un pendule de Newton. Les ions y interagissent par leurs mouvements oscillatoires, et peuvent être manipulés au moyen de faisceaux laser.

L'auteur

Christopher MONROE est professeur de physique à l'Université du Maryland, aux États-Unis, et membre du Joint Quantum Institute du Maryland et de l'Institut américain des standards et de la technologie (nist).

David WINELAND dirige l'équipe de stockage des ions au sein de la Division temps et fréquence du nist à Boulder, dans le Colorado.

Pour en savoir plus

• Laboratoire Matériaux et phénomènes quantiques (Paris) : http://www.mpq.univ-paris-diderot.fr/spip.php?rubrique29

               

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