Les migrations des populations humaines et les échanges commerciaux ont fortement contribué à la dissémination, volontaire ou non, d'espèces hors de leur aire naturelle. Les semences des plantes cultivées comptaient parmi les premières monnaies d'échanges transportées sur de longues distances. Elles étaient accompagnées d'un cortège de spores de champignons, pontes d'insectes et semences de mauvaises herbes, qui se sont introduits dans de nouvelles régions. Dans les années 1930 en France, on utilisait d'ailleurs ce cortège pour déterminer l'origine géographique de l'espèce cultivée lors des contrôles variétaux.
On qualifie d'allochtones, ou plus souvent d'exotiques, les organismes implantés hors de leur aire de répartition naturelle. Le succès de l'installation des espèces exotiques dépend de leurs caractéristiques biologiques, du type d'habitat envahi, ainsi que des conditions environnementales (sol, climat…) et biologiques (prédation, maladie, etc.) dans la zone d'introduction. Si la plupart des espèces sont mal adaptées à leur nouvel environnement et ne survivent pas longtemps, certaines parviennent à se reproduire de façon durable, sans l'assistance de l'homme : on dit alors qu'elles se sont « naturalisées ». Quelques-unes de ces espèces sont « invasives », c'est-à-dire capables d'étendre rapidement leur aire de répartition.
La plupart des études traitant des plantes invasives concernent les habitats naturels ou semi-naturels (haies, talus, fossés…), certainement en raison de leurs effets négatifs sur la biodiversité locale. Pourtant, les champs cultivés et les milieux anthropisés et perturbés tels que les gares, ports et aéroports, les voies de communication ou les friches industrielles, constituent les premiers habitats colonisés par des plantes exotiques. L'étude européenne daisie (Delivering...