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Dossier Pour la Science N°65 - octobre - decembre 2009

fondamental
Écologie

Dans les îles, éradiquer pour protéger ?

Les écosystèmes insulaires abritent une part importante de la biodiversité mondiale, mais ils sont très vulnérables aux invasions biologiques. Pour les protéger, on doit parfois éradiquer les espèces introduites.

Michel PASCAL, Olivier LORVELEC et Jean-Louis CHAPUIS

Près de dix millions de kilomètres carrés, 18 fois la surface de la France continentale, 6,6 pour cent de l'ensemble des terres émergées du globe, voilà ce que représentent les îles maritimes, selon une étude menée par l'équipe Écologie des invasions biologiques de l'inra. Cette étude, toujours en cours, a compté toutes les îles de superficie supérieure à 175 mètres carrés ; elle exclut l'Australie (qui couvre plus de 7,5 millions de kilomètres carrés), considérée ici comme un continent. En l'état, elle dénombre un peu plus de 180 000 îles. Les dix plus vastes, comme le Groenland, Madagascar ou la Grande-Bretagne, totalisent à elles seules environ six millions de kilomètres carrés. Les autres îles, c'est-à-dire la quasi-totalité en nombre, n'occupent plus que 2,6 pour cent de la superficie des terres émergées.

Deux tiers des littoraux de la planète

Si leur surface confère aux îles une importance modeste, leur longueur de littoral leur attribue une place majeure. En effet, cette longueur représente 1,1 million de kilomètres, soit deux fois plus que celle des continents. Les îles recèlent donc les deux tiers du riche et singulier écotone mer/terre du globe – un écotone étant une zone de transition entre deux écosystèmes. Du fait de la combinaison d'une faible surface émergée et d'une forte longueur de littoral, une grande fraction des écosystèmes insulaires terrestres dépend des apports organiques marins. Après nous être intéressés à l'histoire de ces écosystèmes originaux, nous verrons de quelle façon ils sont affectés par les invasions biologiques et comment les en protéger.

Le milieu aqueux salé constitue pour nombre d'espèces terrestres et d'eau douce une barrière infranchissable. Cependant, l'isolement de beaucoup d'îles est récent, à l'échelle des temps géologiques. On distingue trois...

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Michel Pascal et Olivier Lorvelec

L’atoll de clipperton, dans le Pacifique, abritait des colonies d’oiseaux marins si importantes qu’entre 1893 et 1914, on exploitait le phosphate issu du guano. L’introduction du porc en 1897 a fait chuter leurs populations. Après l’éradiction de l’animal en 1958, celles-ci se sont reconstituées, comme en témoigne cette photographie prise en 2004.

L'auteur

Michel PASCAL travaille dans l'équipe Écologie des invasions biologiques, à l'umr 0985, Écologie et santé des écosystèmes, à l'inra de Rennes.

Olivier LORVELEC travaille aussi dans l'équipe Écologie des invasions biologiques, à l'inra de Rennes.

Jean-Louis CHAPUIS travaille dans le Département Écologie et gestion de la biodiversité, umr 7204, Conservation des espèces, restauration et suivi des populations, au mnhn, à Paris.

Pour en savoir plus

• M. Pascal et al., A pleasing Norway rat eradication consequence : two shrew species recover, in Diversity and Disgtributions, vol. 11, pp. 193-198, 2005.

• Global Invasive Species Database : http://www.issg.org/database/ species/List.asp

Compléments

Les éradications réussies


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