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Dossier Pour la Science N°65 - octobre - decembre 2009

fondamental
Écologie

Déferlantes d'invasions dans les milieux marins

Sillonnés de navires, exploités par l'aquaculture, connectés par des canaux, les mers et les océans forment un vaste réseau communicant. Un bonheur pour les espèces invasives…

Frédérique VIARD et Thierry COMTET

Près de deux tiers de la population mondiale vit à moins de 80 kilomètres des côtes. Une telle présence n'est pas sans conséquence : la pêche, l'aquaculture, les aménagements littoraux, mais aussi la pollution, menacent les écosystèmes marins en zone côtière. Bien que moins médiatisées, les introductions d'espèces exotiques sont aussi un risque majeur pour la biodiversité et le fonctionnement de ces écosystèmes. L'algue Caulerpa taxifolia, par exemple, a complètement transformé le paysage sous-marin de certaines régions méditerranéennes. L'impact peut également être économique : venu de l'Atlantique Nord, le cténophore Mnemiopsis leidyi, un organisme à l'allure de méduse friand de zooplancton, a ainsi été introduit dans la mer Noire et est entré en compétition pour la nourriture avec les anchois, dont il a fait chuter la population ; le coût pour les pêcheries locales est estimé à 350 millions d'euros. Enfin, certaines espèces invasives marines, notamment les espèces phytoplanctoniques toxiques, affectent la santé humaine.

Les processus d'introduction par des transferts longue distance, intentionnels ou accidentels, court-circuitent les phénomènes naturels de dispersion des espèces. Ces processus existent-ils depuis que l'homme traverse les océans ? L'absence d'inventaires faunistiques et floristiques anciens ne permet pas d'estimer quantitativement l'importance des transferts passés, mais des études suggèrent quelques cas d'introductions anciennes, comme celle du mollusque Mya arenaria, ramené en Europe par les navires vikings de retour d'Amérique. Depuis la fin du xixe siècle, en revanche, des inventaires menés dans de nombreuses régions côtières fournissent une ample documentation. Celle-ci révèle une augmentation rapide du nombre d'espèces marines introduites et invasives. Le long des côtes...

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Yann Fontana, station biologique de Roscoff

Le Wakame (Undaria pinnatifida) est cultivé en Asie pour l’alimentation humaine. Il s’est répandu dans de nombreux océans en moins de 30 ans, suite à des introductions intentionnelles et accidentelles. Assez discret en Europe, il y est tout de même bien établi depuis la Méditérranée jusqu’à la mer du Nord, où il coexiste avec les espèces locales. Il abonde en particulier dans les ports, marinas et autres structures artificielles de l’Atlantique et de la Manche.

L'auteur

Frédérique VIARD travaille au Laboratoire Adaptation et diversité en milieu marin (upmc-cnrs), à la Station biologique de Roscoff.

Thierry COMTET travaille au Laboratoire Adaptation et diversité en milieu marin (upmc-cnrs), à la Station biologique de Roscoff.

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Compléments

Une espèce invasive


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