Aujourd'hui, une des espèces dont la répartition sur la Terre est la plus vaste est l'espèce humaine. Depuis le foyer africain d'origine, où qu'il soit, le chemin parcouru est considérable. Le détail de ces déplacements restera sans doute inconnu, mais on peut néanmoins noter qu'au cours des derniers siècles, durant la partie la plus récente du phénomène, les historiens ont utilisé différentes expressions pour les décrire (grandes découvertes, conquêtes, colonisations, invasions…), selon le point de vue du peuple concerné. Les déplacements humains ont probablement eu diverses motivations et suivi différents schémas.
L'homme, l'espèce la plus invasive
On distingue au moins deux types de migrations. Le premier durant lequel les populations envahissaient des territoires vides d'humains, à commencer par le peuplement de la Terre, ce qui se fit en plusieurs dizaines de millénaires. Le second quand d'autres mouvements mettaient en contact des populations déjà établies avec de nouvelles qui arrivaient. Ce second cas est illustré par deux exemples différents. D'abord, celui du remplacement, à la fin de l'ère glaciaire, des hommes de Neandertal par ceux de Cro-Magnon. Les voies de circulation des hommes « modernes » ainsi que leur rythme de progression étaient sans doute proches de ceux de leurs prédécesseurs, car tout se faisait encore à pied. À l'inverse, quand, à partir du début du xvie siècle, les Européens découvrent ou redécouvrent le reste du monde, tout est différent. Tout, sauf sur un point : dans les deux cas, un cortège d'espèces commensales, anthropophiles, « domestiques », parasites et microbiennes, suit les mouvements humains via les voies de communication ainsi ouvertes.
Les peuples se déplacent involontairement avec leurs micro-organismes et leurs parasites, volontairement...