Les téléostéens constituent 96 pour cent des espèces de « poissons ». Vous les avez tous rencontrés chez le poissonnier, dans un aquarium ou si vous êtes adepte de la pêche : hareng, gardon, carpe, brochet, truite, morue, guppy, baudroie, hippocampe, perche, maquereau, sole… Ils sont si nombreux et variés qu'il vaut mieux se demander quels poissons ne sont pas des téléostéens. Les lamproies, myxines, requins, raies, chimères, polyptères, esturgeons, lépisostées, cœlacanthes et dipneustes sont de ceux-ci.
Tous ces groupes de « poissons » non téléostéens apparaissent aujourd'hui comme des reliques : leur prospérité était jadis bien supérieure à ce qu'elle est aujourd'hui et remonte à des temps reculés. Nous verrons d'ailleurs que depuis les années 1960, les zoologistes ne les appellent plus poissons, tant leurs liens de parenté avec les téléostéens sont éloignés. L'époque actuelle est bien celle des téléostéens, qui représentent 47 pour cent des espèces de vertébrés actuels connus. Ce sont les poissons modernes, en ce sens que leur origine évolutive ne remonte qu'à 200 millions d'années, alors que l'origine des « poissons » se confond avec celle des vertébrés, il y a 500 millions d'années.
L’avènement de la phylogénie
Depuis environ 25 ans, les relations d'apparentement des non-téléostéens, c'est-à-dire leurs degrés relatifs de parenté dans la classification du vivant, sont pour la plupart stabilisées. Celles des téléostéens, en revanche, font depuis les années 1990 l'objet de profonds réarrangements, à la suite de deux révolutions qui, dans la seconde moitié du xxe siècle, ont bouleversé la systématique, science de la classification du vivant. Après avoir évoqué ces...