En novembre 2008, la revue Le Tigre a publié le portrait très détaillé de Marc L., un inconnu pris au hasard, à partir d'éléments qu'il a laissés sur la Toile, volontairement ou pas. L'article donne des informations très précises sur la vie de l'intéressé, qu'elle soit professionnelle ou personnelle : apparence physique, profession, amis, habitudes, rencontres, petite amie, numéro de téléphone mobile… Les traces ont été collectées en utilisant des moteurs de recherche, mais également en allant flâner sur des sites de réseaux sociaux comme Facebook ou Flickr (banque d'images que les internautes utilisent pour partager leurs photos). L'emballement médiatique qui a suivi la publication (sur Internet) du portrait a été à la mesure des craintes que l'on nourrit à propos de la divulgation non contrôlée et de la mise à la portée de tous d'informations relevant de la sphère privée. La morale de l'histoire est qu'il est dangereux de rendre publique sa vie sur Internet. Cependant, de quoi parle-t-on lorsqu'on évoque la « vie privée ». Nous verrons qu'il s'agit d'un concept difficile à cerner. Néanmoins, plusieurs méthodes existent pour la préserver, et d'autres sont en cours de développement.
Je crois avoir montré mes fesses à la Saint-Nicolas, en 1969. Je ne le fais plus depuis. Et je n'aimerais pas que cela me poursuive encore.
Alex Türk, président de la Commission nationale de l'informatique et des libertés (cnil)
La notion de « vie privée » est une notion vague dont aucune définition bien établie et reconnue unanimement n'existe. D'ailleurs, la vie privée diffère selon les personnes et les cultures. Par exemple, l'accès à la boîte aux lettres électronique professionnelle d'un employé...