Comme partout dans le monde, les libations des Gaulois renforçaient les liens sociaux. Dans le Nord-Est de la Gaule, la possession des riches objets liés à sa consommation affermissait le prestige des élites.
Michael DIETLER
Le vin, délicieux breuvage issu de la fermentation du raisin, a été introduit en Gaule par les marchands venus des cités étrusques à la fin du vii
e siècle avant notre ère. Jusqu'à la conquête de la Gaule par César, six siècles plus tard, les populations indigènes consommèrent des quantités impressionnantes de vin importé des ports méditerranéens. Vestiges archéologiques et textes anciens attestent cette consommation : des fouilles réalisées sur des sites du Sud de la France, datant des vii
e au ii
e siècles avant notre ère, ont livré des milliers de fragments d'amphores destinées au transport du vin, en provenance de l'Étrurie, de Marseille (colonie grecque fondée en 600 avant notre ère), du Sud de l'Italie et des vignobles puniques et phéniciens du Sud-Ouest de la Méditerranée.
De plus, des centaines de milliers d'amphores romaines ont été retrouvées sur des sites gaulois datant des iie et ier siècles avant notre ère. La consommation est également attestée par des navires naufragés le long des côtes de la Provence, dont les cales sont chargées des mêmes amphores. On a dénombré une vingtaine de navires datant des vie au iiie siècles avant notre ère, et plus de 50 pour les iie et ier siècles.
Selon André Tchernia, de l'École des hautes études en sciences sociales, 55 à 60 millions d'amphores romaines auraient été importées en Gaule entre –130 et –20, ce qui représente une consommation de 15 millions de litres de vin par an. La population de la Gaule était de l'ordre de six à huit millions de personnes, mais comme le vin était surtout consommé par les Gaulois du Sud, toute estimation de la consommation moyenne par personne serait hasardeuse.
Outre le vin importé, les Gaulois consommaient leur propre production de boissons indigènes, ce qui leur...