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Dossier Pour la Science N°42 - janvier - mars 2004

fondamental
Art et Science

L'art, une question de temps

En archéologie et en histoire de l'art, les successions, puis les dates, sont déterminées par des connaissances variées, tels la composition des pigments chimiques et le mouvement des astres.
Michel Menu
Le temps avec toutes ses dimensions est une donnée si essentielle de notre connaissance du monde qu'un laboratoire à vocation nationale a été créé pour rassembler et coordonner les demandes en datation par le carbone 14. Cette méthode (voir l'article de Carlo Laj, Alain Mazaud et Jean-Claude Duplessy dans ce numéro) est devenue aujourd'hui un outil indispensable à de nombreuses disciplines des sciences de la Terre, de l'homme et de la société, notamment pour l'étude du paléoclimat, des eaux souterraines, pour la prévention des risques volcaniques ou sismiques. C'est aussi un outil privilégié de l'archéologie et de l'histoire de l'art.

Dans ces derniers domaines, plusieurs études de datation ont été rendues possibles, en raison de la taille désormais réduite des échantillons nécessaires, grâce à la spectrométrie de masse par accélérateur pour la mesure de l'isotope 14 du carbone. Par exemple, en préhistoire, on compare les datations d'objets d'art mobilier en os, en bois de renne et en ivoire avec celles effectuées sur les dessins des grottes ornées. Une analyse complète des manifestations artistiques au cours du Paléolithique supérieur fournit alors une chronologie plus exacte des techniques employées par les artistes de cette époque.

Plus près de nous, on peut dater, en histoire, les textiles funéraires, les objets en cuir ou en bois, les contenus organiques au fond des récipients en céramique ; en histoire de l'art, les bois polychromes médiévaux, les peintures de chevalet, leur support en bois ou en textile, la matière picturale elle-même. Ces exemples attestent de l'intérêt de cette méthode de datation.

Outre la datation au carbone 14, d'autres méthodes de datation sont parfois requises pour l'étude des objets et des cultures archéologiques ou historiques : la thermoluminescence (voir l'article d'Antoine Zink dans ce numéro), le...

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CNAM — Centre G. Pompidou, Paris.

À la Russie, aux ânes et aux autres, de Marc Chagall, a été peint sur une autre composition, La tante au ciel. L’éclipse que l’on voit (au centre) a permis de retracer l’histoire de l’œuvre.

L'auteur

Michel Menu est responsable du Dépar­tement de recherches, au C2RMF, CNRS UMR 171, à Paris.


Pour en savoir plus

Suzanne Débarbat, Une retombée inattendue de l’éclipse du 11 août 1999, in Compte-rendu Acad. des Sciences, t. 1, Série IV, pp. 359-361, 2000.

Sous la direction de F. Widemann et Y. Taborin, Chronologies géophysiques et archéologiques du Paléolithique supérieur, Bari, Edipuglia, 2003.

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