Depuis la naissance d'Internet au milieu des années 1990, le nombre de pages mises en ligne a explosé, atteignant 1 000 milliards en 2008 et touchant à presque tous les aspects de la vie moderne. Le Web a bouleversé les secteurs des médias, de la banque, de la santé, etc. Mais on se rend moins bien compte qu'Internet représente plus que la somme de ses pages : d'importantes propriétés émergentes ont transformé la société. Le courrier électronique a apporté la messagerie instantanée, et avec elle des réseaux sociaux tels que Facebook. Le transfert de documents a débouché sur des sites de partage de fichiers tels que Napster, qui ont conduit à des portails tels que YouTube. Et l'étiquetage des contenus crée des communautés d'internautes qui partagent tout, de l'actualité musicale aux conseils pour l'éducation des enfants.
Toutefois, peu de spécialistes étudient ces propriétés émergentes, comment nous pourrions les domestiquer, quels phénomènes nouveaux pourraient apparaître ou ce que tout cela peut signifier pour l'humanité. La science du Web souhaite répondre à ces questions.
Historiquement, les choses se font toujours dans cet ordre : par exemple, on a construit des ordinateurs, et l'informatique a suivi, ce qui a par la suite considérablement amélioré le calcul sur ordinateur. Un coup d'envoi officiel de la science du Web a eu lieu en novembre 2006, quand avec nos collègues à l'Institut de technologie du Massachusetts (États-Unis) et à l'Université de Southampton (Angleterre) nous avons annoncé le lancement de l'initiative wsri (Web Science Research Initiative). De nombreux spécialistes de 16 universités du monde se sont depuis investis dans ces efforts.
Au sein de cette...