Sans la Méditerranée, jamais nous n'aurions su. Mais deux tempêtes au même endroit à deux mille ans d'écart nous ont offert la preuve que la mécanique de précision des Grecs anciens approchait la nôtre !
Au milieu du ier siècle avant notre ère, une tempête coule un navire romain chargé de trésors grecs à Anticythère, une petite île située entre le Péloponnèse (l'île de Cythère) et la Crète. Vers 1900, une autre tempête oblige des pêcheurs à s'y réfugier, qui profitent de l'occasion pour pêcher des éponges. Ils découvrent l'épave romaine, signalent son intérêt et reviennent y mener, sous le contrôle du gouvernement grec, les premières fouilles archéologiques sous-marines de l'histoire. En neuf mois, ils remontent à la surface de magnifiques bronzes et autres objets de verre et de céramique, des bijoux et des blocs métalliques sans intérêt apparent.
Quelques mois plus tard, cependant, certains de ces blocs calcifiés tombent en morceaux et révèlent des restes d'engrenages et de plaques de bronze pleines d'inscriptions. Munis de dents longues d'un millimètre et demi, les engrenages sont encore imbriqués les uns dans les autres. La découverte est un choc : on pensait jusqu'alors que les Anciens ne fabriquaient que de grossiers engrenages pour assurer de triviales fonctions mécaniques. Or certains des principaux fragments de la « machine d'Anticythère » sont pleins de fines roues dentées, qui ne peuvent résulter que d'un grand savoir-faire. Aujourd'hui exposés au milieu de bronzes sublimes au Musée national archéologique d'Athènes, ils semblent si fragiles. Pourtant, quelle puissance de calcul ils recèlent !
La passion de comprendre la machine d'Anticythère m'a...