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Pour la Science N°389 - mars 2010

synthese

L'horloge astronomique d'Anticythère

Cette horloge vieille de 2 000 ans calculait les dates d'éclipses et d'autres événements astronomiques. Son étude révèle un étonnant savoir-faire des Grecs anciens en mécanique de précision.

Tony FREETH

Sans la Méditerranée, jamais nous n'aurions su. Mais deux tempêtes au même endroit à deux mille ans d'écart nous ont offert la preuve que la mécanique de précision des Grecs anciens approchait la nôtre !

Au milieu du ier siècle avant notre ère, une tempête coule un navire romain chargé de trésors grecs à Anticythère, une petite île située entre le Péloponnèse (l'île de Cythère) et la Crète. Vers 1900, une autre tempête oblige des pêcheurs à s'y réfugier, qui profitent de l'occasion pour pêcher des éponges. Ils découvrent l'épave romaine, signalent son intérêt et reviennent y mener, sous le contrôle du gouvernement grec, les premières fouilles archéologiques sous-marines de l'histoire. En neuf mois, ils remontent à la surface de magnifiques bronzes et autres objets de verre et de céramique, des bijoux et des blocs métalliques sans intérêt apparent.

Quelques mois plus tard, cependant, certains de ces blocs calcifiés tombent en morceaux et révèlent des restes d'engrenages et de plaques de bronze pleines d'inscriptions. Munis de dents longues d'un millimètre et demi, les engrenages sont encore imbriqués les uns dans les autres. La découverte est un choc : on pensait jusqu'alors que les Anciens ne fabriquaient que de grossiers engrenages pour assurer de triviales fonctions mécaniques. Or certains des principaux fragments de la « machine d'Anticythère » sont pleins de fines roues dentées, qui ne peuvent résulter que d'un grand savoir-faire. Aujourd'hui exposés au milieu de bronzes sublimes au Musée national archéologique d'Athènes, ils semblent si fragiles. Pourtant, quelle puissance de calcul ils recèlent !

La passion de comprendre la machine d'Anticythère m'a...

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LES GRECS ANCIENS savaient calculer le retour récurrent des éclipses lunaires grâce aux observations faites durant des siècles par les Babyloniens. La machine d’Anticythère aurait fait ces calculs à leur place. La représentation ci-dessus est fondée sur la reconstitution réalisée par l’auteur et son équipe.

L'auteur

Tony FREETH, mathématicien  et logicien de formation,  est aussi un cinéaste. Il dirige la maison de production Images First, qui produit actuellement un film sur la machine d'Anticythère.

Pour en savoir plus

T. Freeth et al., Calendars with olympiad display and eclipse prediction on the Antikythera mechanism, Nature, vol. 454, pp. 614-617, 2008.

T. Freeth et al., Decoding the ancient Greek astronomical calculator known as the Antikythera mechanism, Nature,
vol. 444, pp. 587-591, 2006.

Le projet de recherche sur la machine d’Anticythère : www.antikythera-mechanism.gr

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