Sur la côte Nord du Pérou, au début de notre ère, la civilisation des Mochicas s'est développée, avant celle des Chimú et celle bien connue et plus vaste des Incas. En cinq siècles (du iiie au viiie siècles), le peuple mochica conquit un territoire de plusieurs centaines de kilomètres, où apparaissent des pyramides, nommées huacas, en briques de terre crue, sièges des centres cérémoniels, du pouvoir politique et des instances religieuses. C'était une société hiérarchisée aux ressources humaines et techniques importantes.
Les Mochicas considéraient la mort comme un prolongement de la vie, de sorte que les nombreux vestiges, notamment les fresques et les céramiques, présents dans le monde des défunts témoignent de la vie de ce peuple. En 1899, les premières traces de cette culture furent mises au jour sur le site de la Huaca de la Luna, dans la vallée du Moche. Puis on trouva en 1987 la sépulture intacte du seigneur de Sipán, qui constitue l'apogée de l'archéologie péruvienne. La réputation des Mochicas repose sur des représentations de combats, de défilés de prisonniers et de sacrifices humains : ils étaient considérés comme particulièrement cruels. Des recherches supplémentaires ont dévoilé plusieurs tombes de notables, par exemple à la Huaca de la Luna et à la Huaca El Brujo dans la vallée de Chicama.
C'est sur ce dernier site que nous avons découvert en 2004, pour la première fois, la tombe d'une reine : la dame de Cao. Or une tombe est un lieu de prédilection pour entrevoir les croyances d'un peuple liées à la mort et pour comprendre la fonction et le statut du disparu dans la société.
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