Trouble chez les paléoanthropologues : une tombe à char, habituellement édifiée en l'honneur d'un prince, serait celle d'une princesse. L'étude adn le confirmera.
Ludovic Orlando
Une interrogation récurrente des paléoanthropologues est la détermination du sexe de la personne qu'ils ont sous les yeux. La réponse est d'autant plus difficile à donner qu'ils ne travaillent qu'à partir d'ossements. Lorsque cela est possible, leur regard se porte volontiers du côté du bassin, car chez une fille, les os qui le constituent, les os coxaux, sont battis pour laisser passer un nouveau-né le jour de l'accouchement. Néanmoins, quand il ne reste que des os fragmentaires, sur quelles observations basent-ils leur raisonnement ? Peut-être sur la forme des os en prétextant que les filles, plus graciles que les hommes, ont des os fins et allongés. Cette argumentation n'est pas toujours convaincante à cause de la variabilité de la taille et de la nature des os masculins et féminins.
Les paléoanthropologues se sont ainsi interrogés lors de la découverte de la première tombe à char celte à Vix, aux alentours de Châtillon-sur-Seine, au cours de l'hiver 1952-1953. Cette sépulture avait été édifiée au cours de l'âge de fer, il y a 25 siècles. Parmi les fragments d'os retrouvés figuraient encore quelques os longs, quelques phalanges, les os du crâne et même quelques dents. (voir la figure 3).
La tombe regorgeait de richesse et notamment de parures, de colliers de perles, de fibules incrustées d'ambre et de corail. Au milieu de ce trésor, figurait un torque – un collier métallique rigide – de 480 grammes d'or pur, que l'on prit dans un premier temps pour un diadème. Ce tombeau ne pouvait être que celui d'un personnage important.
On ne retrouva aucune trace d'armes. À n'en pas douter, tous ces signes étaient ceux de la féminité et le corps fut déclaré comme celui d'une princesse celte. Cependant, on ne déduisit aucune information décisive sur le sexe du (ou de la) défunt(e) lors de l'examen ultérieur des os.
À la même époque, on découvrit...