Nous en buvons. Elle produit de l'électricité. Elle est indispensable à nos cultures… Pourtant, nous gérons mal nos réserves en eau douce.
Peter GLEICK
À chaque grande civilisation est associée un grand fleuve : le Nil pour l'Égypte, le Tigre et l'Euphrate pour la Mésopotamie. Les premiers agriculteurs sont apparus là où la terre était fertile grâce à des pluies saisonnières et à des rivières pérennes. Puis de simples canaux d'irrigation ont amélioré le rendement des récoltes et allongé les périodes de culture dans les régions arides. Il y a 5 000 ans, dans la vallée de l'Indus, des communautés ont construit des habitations avec des canaux d'adduction d'eau et des fossés d'évacuation des eaux usées. Entre le vii
e et le vi
e siècle avant notre ère, les Romains organisèrent le drainage des eaux usées grâce au collecteur Cloaca maxima et bâtirent le premier aqueduc, l'Aqua appia, en 312 avant notre ère. À cette époque, Athènes, Pompéi et la plupart des villes gréco-romaines entretenaient des systèmes d'approvisionnement en eau et des réseaux d'égouts.
Avec l'expansion des villes, on achemine l'eau de sources éloignées, on construit des barrages et des aqueducs. À l'apogée de l'Empire romain, neuf réseaux de canalisations et d'égouts sillonnent Rome. Chaque Romain dispose d'une quantité d'eau qui équivaut à celle dont disposent aujourd'hui les habitants des pays industrialisés.
Aux xixe et xxe siècles, la révolution industrielle et l'explosion démographique ont accru la demande en eau : des dizaines de milliers d'ouvrages monumentaux ont été érigés pour contrôler les inondations, améliorer l'irrigation et produire de l'énergie, ou encore pour protéger les réserves d'eau potable.
De l'eau pour tous
En France, jusqu'à l'apparition des premières fontaines publiques, en 1850 à Paris, en 1880 dans les grandes villes, les porteurs d'eau assuraient l'approvisionnement en eau, mais la qualité était médiocre : en 1832, le choléra, véhiculé par l'eau, tua 20...