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Pour la Science N°388 - fevrier 2010

point de vue

Le sang de cordon ombilical : précieux, il doit rester accessible à tous

Les cellules souches contenues dans le sang placentaire peuvent donner naissance à toutes les cellules du sang. Il est utile de les conserver, mais elles ne peuvent pas tout soigner, contrairement à ce que laissent croire certaines entreprises privées.

Noël MILPIED

Le sang placentaire, qui reste dans le placenta et le cordon ombilical après l'accouchement, fait à nouveau parler de lui. Il y a quelques années, des hématologistes ont fait prendre conscience à la société que l'on jetait jusqu'alors une précieuse ressource, et qu'il fallait la garder. Et depuis, le sang des cordons ombilicaux est conservé dans des banques de sang placentaire, dédiées aux malades de tous pays. Un réseau international solidaire met à la portée de toutes les équipes internationales de greffe la possibilité d'utiliser des cellules compatibles pour leurs patients. Le nombre de cordons conservés est encore limité, mais la France, du fait des critères de qualité retenus pour les greffons de sang placentaire conservés, est le deuxième pays au monde permettant de fournir des cellules aux patients du monde entier ayant besoin d'une greffe.

Or, aujourd'hui, des sociétés privées tentent de faire croire à de jeunes parents qu'ils devraient leur confier le sang placentaire de leur nouveau-né, au prétexte qu'il pourrait soigner un jour cet enfant s'il venait à être malade. C'est une escroquerie contre laquelle nous nous élevons. Et ce pour de nombreuses raisons que nous allons examiner.

Dans ce sang, qu'il est possible de recueillir juste après la naissance du bébé quand le cordon a été coupé, on trouve des cellules sanguines (globules rouges, globules blancs et plaquettes) ; des cellules du système immunitaire encore immatures puisqu'elles n'ont encore jamais été confrontées à des antigènes venus de l'extérieur ; et des cellules souches hématopoïétiques, c'est-à-dire des cellules capables de donner naissance à toutes les cellules sanguines. Ces cellules souches hématopoïétiques sont exactement les mêmes que celles qui existent dans la moelle osseuse de tout individu, douées des mêmes capacités de prolifération et de différenciation en cellules sanguines. Il ne s'agit pas de cellules souches embryonnaires.

La greffe de cellules souches hématopoïétiques est généralement nommée greffe de moelle, parce qu'il y a 40 ans, quand ce traitement a été mis au point, la seule source de cellules souches hématopoïétiques était la moelle osseuse. Ce traitement est utilisé pour traiter de nombreuses maladies cancéreuses – telles que les leucémies aiguës, les lymphomes, etc. – quand les traitements classiques ne sont pas assez efficaces, des maladies congénitales, qui affectent des cellules produites normalement par la moelle osseuse, des déficits immunitaires, etc.

Dans tous les cas, il faut plusieurs conditions pour que ce traitement soit efficace : pour les maladies cancéreuses, en particulier les leucémies aiguës, il faut détruire le plus possible de cellules malades au moyen de chimiothérapies, puis réaliser la greffe avec les cellules normales d'un donneur (le plus compatible possible au niveau de son système hla, le système du « soi ») ; parmi les cellules greffées, des cellules immunitaires sont capables de reconnaître les cellules leucémiques restantes du receveur et de participer à leur destruction totale. Cela n'est possible que si les cellules souches hématopoïétiques proviennent d'un donneur qui n'est pas le patient lui-même.

Quand il s'agit

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Master droit privé général Besançon Posté le 12-03-2010 à 12:17:26
Conférence-débat : Conservation du sang placentaire et santé publique. Quels enjeux, quel modèle ?

Je signale la tenue d'une conférence intitulée Conservation du sang placentaire et santé publique. Quels enjeux, quel modèle ? le 25 mars 2010 à Besançon.

Intervenants :

  • M. Damien Meslot , Député du territoire de Belfort, auteur de la proposition de loi n° 1938 relative au prélèvement et à la conservation des cellules souches
issues du sang de cordon ombilical
  • Pr. Pierre Tiberghien, Directeur de l’EFS Bourgogne-Franche-Comté et de la banque publique de conservation de sang placentaire de Besançon, INSERM-Université de Franche-Comté
  • Dr. Nico Forraz, Directeur général de la société Cryosave France ➢ Me Thomas Roche avocat au Barreau de Lyon, spécialiste de droit biomédical
  • Pr. Emmanuel Picavet, philosophe, Université de Franche-Comté. Les débats seront animés par M. Jean-René Binet, Directeur du Master droit privé général de l’Université de Franche-Comté.

Date : 25 mars 2010, 20h00 Lieu : Université de Franche-Comté, UFR SJEPG, Faculté de droit, Amphithéâtre Fourier, 45 D, Avenue de l’Observatoire, 25000 Besançon.

Entrée libre et gratuite


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L'auteur

Noël Milpied dirige le Service des maladies du sang du chu de Bordeaux, et préside la Société française de greffe de moelle et de thérapie cellulaire, sfgm-tc.

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