Sur une place parisienne, un pigeon déambule, en quête d'une miette de pain. Là où vous ne voyez qu'un volatile, un parasitologue comme Claude Combes voit « un zoo qui vole ! ». En effet, chaque animal héberge une grande diversité de bio-agresseurs, c'est-à-dire d'agents infectieux et de parasites (virus, bactéries, champignons, acariens, insectes…). En conséquence, toute introduction d'un animal dans un nouveau territoire s'accompagne de celles des bio-agresseurs qu'il véhicule, entraînant parfois des effets importants sur la santé de la faune locale – sauvage ou domestique – voire sur celle des humains (voir Des microbes et des hommes, par F. Moutou, page 90).
On découvre depuis quelques années le rôle majeur des bio-agresseurs dans le fonctionnement des écosystèmes, ainsi que l'importance des pressions de sélection qu'ils exercent sur leurs hôtes. L'intensité de cette sélection est forte, puisqu'elle peut conduire à la mort de l'hôte : les individus hôtes sensibles sont alors rapidement écartés de la population d'hôtes dont la composition génétique évolue. Par ailleurs, de nombreux agents pathogènes s'adaptent rapidement à leurs nouvelles conditions, profitant d'un temps de génération souvent plus court au regard de celui de leurs hôtes. Les bio-agresseurs influent donc notablement sur l'évolution de certaines caractéristiques biologiques des hôtes, tels l'immunité, le comportement ou les modalités de reproduction.
Un scénario pour de nombreux acteurs
Une épidémie, ou une épizootie quand il s'agit d'animaux, est l'augmentation rapide du nombre de cas d'une maladie au sein d'un territoire donné. Une maladie émergente est une maladie nouvelle, soit parce que le pathogène responsable a acquis une virulence accrue, soit parce qu'il affecte une nouvelle espèce. Une épidémie due à une maladie émergente ressemble donc à l'invasion biologique...