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Dossier Pour la Science N°65 - octobre - decembre 2009

fondamental
Écologie

Les animaux et les maladies émergentes

Les animaux, qu'ils soient domestiques ou sauvages, sont à la merci d'agents pathogènes que les espèces introduites véhiculent dans de nouveaux territoires.

Olivier PLANTARD, Gwenaël VOURC'H et Michel PASCAL

Sur une place parisienne, un pigeon déambule, en quête d'une miette de pain. Là où vous ne voyez qu'un volatile, un parasitologue comme Claude Combes voit « un zoo qui vole ! ». En effet, chaque animal héberge une grande diversité de bio-agresseurs, c'est-à-dire d'agents infectieux et de parasites (virus, bactéries, champignons, acariens, insectes…). En conséquence, toute introduction d'un animal dans un nouveau territoire s'accompagne de celles des bio-agresseurs qu'il véhicule, entraînant parfois des effets importants sur la santé de la faune locale – sauvage ou domestique – voire sur celle des humains (voir Des microbes et des hommes, par F. Moutou, page 90).

On découvre depuis quelques années le rôle majeur des bio-agresseurs dans le fonctionnement des écosystèmes, ainsi que l'importance des pressions de sélection qu'ils exercent sur leurs hôtes. L'intensité de cette sélection est forte, puisqu'elle peut conduire à la mort de l'hôte : les individus hôtes sensibles sont alors rapidement écartés de la population d'hôtes dont la composition génétique évolue. Par ailleurs, de nombreux agents pathogènes s'adaptent rapidement à leurs nouvelles conditions, profitant d'un temps de génération souvent plus court au regard de celui de leurs hôtes. Les bio-agresseurs influent donc notablement sur l'évolution de certaines caractéristiques biologiques des hôtes, tels l'immunité, le comportement ou les modalités de reproduction.

Un scénario pour de nombreux acteurs

Une épidémie, ou une épizootie quand il s'agit d'animaux, est l'augmentation rapide du nombre de cas d'une maladie au sein d'un territoire donné. Une maladie émergente est une maladie nouvelle, soit parce que le pathogène responsable a acquis une virulence accrue, soit parce qu'il affecte une nouvelle espèce. Une épidémie due à une maladie émergente ressemble donc à l'invasion biologique...

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André Guyard Posté le 07-12-2009 à 15:12:42
Non, Melanoides tuberculata n'est pas vecteur de Schistosoma mansoni !

Bonjour, félicitations pour ce passionnant numéro sur "la conquête des espèces". Cependant, j'ai relevé dans l'article une erreur qui rend caduque la compréhension du paragraphe. Vous prétendez que, "en Guadeloupe, l'introduction du mollusque Melanoides tuberculata a permis à Schistosoma mansoni, un ver plat agent de la bilharziose de se propager". C'est exactement le contraire qui s'est produit.

L'agent vecteur de la bilharziose est le planorbidé Biomphalaria glabrata. La bilharziose intestinale qui sévissait en Afrique avec comme vecteur des mollusques du genre Bulinus a été introduite aux Antilles avec le commerce triangulaire. Schistosoma mansoni a trouvé sur place un mollusque, B. glabrata, dont la susceptibilité lui a servi de mollusque vecteur. M. tuberculata, introduit aux Antilles dans les années 70 par le fait d'aquariophiles, est entré en compétition avec le vecteur B. glabrata. La propagation explosive de M. tuberculata et sa capacité d'adaptation (voir article de P. David et B. Facon dans ce même numéro) a entraîné la quasi disparition du vecteur, provoquant ainsi la rupture du cycle biologique de S. mansoni (voir particulièrement les travaux de J.-P. Pointier à cet égard).


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Shutterstock/studio Araminta

L’abeille européenne (Apis mellifera) a été introduite en Sibérie orientale où elle a été mise en contact pour la première fois avec Varroa destructor. Aujourd’hui, cet acarien participe au déclin des populations d’abeilles dans le monde.

L'auteur

Olivier PLANTARD umr 1300 Bioagression, épidémiologie et analyse de risque, inra, École nationale vétérinaire de Nantes.

Gwenaël VOURC'H umr inra 346 Épidémiologie animale, Centre inra de Clermont-Ferrand Theix.

Pour en savoir plus

• G. Cumming et D. Van Vuuren, Will climate change affect ectoparasite species ranges ?, in Global Ecology and Biogeography, vol. 15, pp. 486-497, 2006.

• La liste des 100 espèces réputées les plus invasives, établie par l'Union internationale pour la protection de la nature : http://www.issg.org/database/welcome/

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