Les milieux d'eau douce et les zones humides n'occupent qu'une infime fraction, évaluée à 0,01 pour cent, de la surface du globe. Pourtant, ils abritent au moins 130 000 espèces animales, soit environ neuf pour cent des 1,4 million décrites à ce jour, et près de la moitié des espèces de poissons répertoriées. En comparaison, « seulement » 230 000 espèces animales sont connues en milieu marin, alors que ce milieu recouvre les deux tiers de la surface terrestre !
Seulement trois pour cent d'espèces exotiques
On distingue les espèces naturalisées provenant d'un autre continent (exotiques stricto sensu) de celles qui sont issues de bassins hydrographiques voisins, appartenant au même continent. Dans ce dernier cas, on parle de translocations. En Europe, parmi les 15 000 espèces de poissons et d'invertébrés d'eau douce identifiées, 296 proviennent d'un autre continent et 136 sont issues de translocations. Ces chiffres sont probablement sous-estimés – d'autant plus qu'ils sont issus du projet daisie (voir L'Europe envahie, par A. Roques, page 14), qui ne compte les introductions qu'à partir de l'an 1 500 –, mais ils donnent un ordre de grandeur : à peine trois pour cent des espèces présentes ne sont pas autochtones. Si l'on considère l'ensemble des espèces animales exotiques (stricto sensu et issues de translocations), il faut ajouter 32 espèces d'amphibiens et de reptiles, ainsi que 27 espèces d'oiseaux.
Les groupes taxonomiques sont diversement représentés au sein des espèces naturalisées. La France compte au moins 43 espèces d'invertébrés exotiques, dont une grande majorité de crustacés et de mollusques. Seulement deux espèces d'insectes sont naturalisées, alors que ce groupe représente la majorité des invertébrés d'eau douce.
L'Hexagone abrite 23 espèces de poissons exotiques stricto...