Les prairies, friches, forêts, et autres milieux non urbanisés et non occupés par des cultures intensives couvrent un peu plus de la moitié de la France métropolitaine. Ces milieux constituent un réservoir important de diversité biologique. Bien qu'ils soient dits « naturels », ils restent très influencés par les activités humaines (il n'y a, par exemple, plus de forêt primaire – ou vierge – en France), soit parce qu'ils sont directement gérés par l'homme, soit parce qu'ils interagissent avec les régions environnantes plus anthropisées. Dès lors, ils n'échappent pas au mouvement général d'introductions d'espèces. Nous parcourrons d'abord les prairies et les friches, puis nous nous attarderons dans les forêts, où se concentre l'essentiel des menaces.
En France métropolitaine, des formations herbacées réellement naturelles ne se développent que dans des conditions de climat ou de sol bien particulières, par exemple dans des étages alpins ou sur des sols tourbeux. La plupart des prairies de l'Hexagone sont donc des formations secondaires : créées par l'homme pour l'alimentation d'herbivores domestiques, elles remplacent la végétation d'origine.
Des prairies peu touchées
Ces milieux prairiaux secondaires sont exploités, et en même temps stabilisés, par la fauche ou le pâturage. Toutes les espèces ne résistent pas à ces perturbations sévères. En particulier, très peu d'espèces végétales exotiques ont colonisé les prairies fauchées. Celles qui ont tout de même réussi à s'y implanter, comme la bermudienne ou « herbe aux yeux bleus » (Sisyrinchium montanum), venue d'Amérique du Nord et signalée dans le Nord de la France, ne s'étendent pas ; pour l'instant, elles ne sont donc pas invasives.
En revanche, les perturbations liées au pâturage favorisent certaines espèces. Les graines du séneçon du Cap (Senecio inaequidens) s'accrochent ainsi...