En kiosque

Dossier Pour la Science N°62 - janvier - mars 2009

fondamental
Physique des particules

Les premières microsecondes de l'Univers

Les physiciens recréent dans les accélérateurs de particules le mélange de quarks et de gluons qui baignait l'Univers durant les premières microsecondes qui ont suivi le Big Bang.
Michael Riordan et William Zajc
Depuis huit ans, les scientifiques utilisent un nouvel accélérateur de particules installé au Laboratoire de Brook­haven à Long Island, près de New York, pour simuler les conditions qui régnaient lors de la naissance de l'Univers. Nommé collisionneur d'ions lourds relativistes, mais plus connu sous son acronyme anglais rhic, cet instrument projette deux faisceaux de noyaux d'or l'un contre l'autre à une vitesse proche de celle de la lumière. Les collisions des noyaux atomiques créent des bouffées de matière extrêmement denses et chaudes qui simulent le contenu de l'Univers durant les premières microsecondes. Avec ces « minibangs » éphémères, les physiciens sont aux premières loges pour assister à la reconstitution des premiers instants du cosmos.

L'Univers était alors empli d'une soupe très dense et très chaude de particules nommées quarks et gluons qui s'agitaient en tous sens en se percutant. Une pincée d'électrons, de photons et d'autres particules élémentaires légères assaisonnait la soupe. Le mélange était porté à quelques milliers de milliards de degrés, plus de 100 000 fois la température qui règne au cœur du Soleil.

À mesure de l'expansion de l'Univers, la température a chuté, à l'instar d'un gaz qui se refroidit quand il se dilate rapidement. Les quarks et les gluons ont alors ralenti au point qu'ils se sont agglomérés lors des chocs. Après une petite dizaine de microsecondes, quarks et gluons étaient enchaînés en grappes sous l'effet de l'interaction forte, associés de façon permanente sous forme de protons, de neutrons et autres particules de l'interaction forte qualifiées collectivement de hadrons. L'étude de cette « transition de phase cosmique » du mélange initial de quarks et de gluons en protons et neutrons (une transition de phase est un changement brusque des propriétés d'un matériau, comme de l'eau liquide qui gèle en glace) présente un...

Lire la suite de cet article


Acheter cet article    Voir les offres d'abonnements

(accès immédiat)

Vous êtes abonné ou vous avez déjà acheté cet article ? >> IDENTIFIEZ-VOUS
(formulaire en haut à droite de cette page)

  • Imprimante
  • Bookmark and Share

Il y a 0 réaction(s) à cet article

>> Réagir à cet article
>> Revenir en haut de page

© Brookhaven National Laboratory/RHIC collaboration

Les milliers de particules éjectées lors de la collision à très haute énergie de deux noyaux d’or sont détectées par le dispositif STAR du collisionneur d’ions lourds relativistes (RHIC).

L'auteur

Michael Riordan est professeur de physique à l'Université de Californie à Santa Cruz. William Zajc est professeur de physique à l'Université Columbia et conseiller scientifique de l'expérience phenix du rhic.

Pour en savoir plus

T. Ludlam et L. McLerran, What have we learned from the relativistic heavy ion collider ?, in Physics today, vol. 56, no 10, pp. 48-54, octobre 2003.

Y. Schutz et H. Delagrange, La traque du plasma de quarks et de gluons, in Pour la Science, no 297, pp. 86-91, juillet 2002.

Site Internet du RHIC

Compléments

Preuves d’un liquide dense

Newsletter

Entrez votre e-mail pour vous abonner
  

Archives






Abonnements

- 12 numéros par an dont 1 spécial
+ 4 dossiers
- Le numéro en cours en pdf gratuit !
- L'accès intégral à vos magazines en ligne
- L'accès en ligne aux archives comprises dans vos abonnements

Seulement
76 euros

Jeux concours carrés magiques : enigmes 1 et 2

Egalement en kiosque



Pour la Science n°394 - Les calmars géants

Cerveau & Psycho n°40 - Plongez zen !
Réalisé par Ecedi.