Les textiles découverts dans les sépultures aristocratiques de l'Europe celtique révèlent le haut degré technique atteint par les Celtes au cours du premier âge du fer.
Christophe MOULHERAT
Le début du i
er millénaire avant notre ère, du viii
e au v
e siècle, est une période clé de l'histoire des textiles : au cours de ce premier âge du fer, encore nommé période de Hallstatt (du nom d'une vaste nécropole autrichienne), le traditionnel métier à tisser vertical à deux barres (voir la figure page 39), hérité du Néolithique et de l'âge du bronze, est remplacé par le métier vertical à quatre barres. C'est aussi à cette époque qu'apparaît le métier à tablettes. Avec ces nouveaux outils, les tisserands fabriquent des étoffes complexes, où le jeu des couleurs, les nouvelles techniques de tissage et l'utilisation de fibres variées produisent des motifs harmonieux dont on ne retrouvera l'équivalent que sous l'Empire romain.
Ces bouleversements dans le domaine des textiles correspondent aux changements sociaux, politiques et culturels des sociétés d'Europe celtique. Ce territoire, occupé par les Celtes du premier âge du fer, s'étend alors du Nord de l'Allemagne au Nord de la Suisse et du Massif central à la Bohême (voir la figure page 13). L'aristocratie qui apparaît doit sa prospérité aux contrôles des voies de communication. Elle s'implante sur des sites en hauteur, fortifiés, sur des axes de commerce, telles les vallées du Danube, du Rhin et du Rhône. Elle se fait inhumer dans des tombes fastueuses, avec un mobilier de bronze, des bijoux en or, les premiers objets en fer et de nombreux vestiges textiles.
De la fin de l'âge du bronze à la fin du premier âge du fer (du ixe au ve siècle avant notre ère), les pratiques funéraires aristocratiques se transforment : du ixe au viie siècle, les défunts sont enterrés avec une épée de bronze ou de fer ; au vie siècle, les tombes contiennent de la vaisselle métallique, des parures en or et un char à quatre roues ; au...