En mai 2009, un promeneur parisien a fait une étrange rencontre : un python royal s'était installé dans un arbre du parc des Buttes-Chaumont. Si ces serpents n'ont bien sûr pas envahi la ville, l'écosystème urbain est un des milieux où les événements d'introduction et les espèces exotiques sont les plus nombreux. Cela concerne des animaux, qui s'échappent ou sont relâchés, comme des plantes qui sortent des jardins et s'acclimatent dans d'autres espaces. Le programme européen daisie a montré que l'habitat « parcs, jardins et terres cultivées » est celui qui abrite le plus d'espèces d'oiseaux, d'amphibiens et de reptiles exotiques, soit respectivement 72 et 38 espèces en Europe (les amphibiens et les reptiles sont comptés ensemble). En France, les plantes exotiques naturalisées représenteraient 20 pour cent des espèces présentes dans les friches des Hauts-de-Seine, en Île-de-France (soit 73 espèces, dont 6 invasives), 88 pour cent (dont quatre pour cent d'invasives) de celles plantées dans les jardins des espaces périurbains de Provence, et 25 pour cent des espèces peuplant les bosquets urbains non jardinés des villes de l'Ouest.
Ce phénomène suscite une attention nouvelle. La ville et ses jardins accueillent depuis longtemps de nombreuses plantes exotiques pour leur esthétisme et leur influence sur la qualité du cadre de vie, mais la donne a un peu changé : la notion de biodiversité s'est étendue à la ville et s'accompagne déjà de précautions de gestion. La ville est en effet devenue de plus en plus verte, avec des milliers d'arbres plantés, des zones naturelles dans les parcs et des jardins privés buissonnants. Sans remettre en cause les bénéfices historiquement apportés par les espèces exotiques aux jardins, il faut aujourd'hui accorder une attention particulière à la conservation de la biodiversité de cet...