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Dossier Pour la Science N°65 - octobre - decembre 2009

fondamental
Écologie

Les villes, terres d'accueil

Les villes ne sont pas des terres de béton. De plus en plus vertes, elles accueillent beaucoup d'espèces exotiques. Les citadins, qui relâchent souvent leurs animaux de compagnie dans la nature, déclenchent alors de multiples invasions.

Philippe CLERGEAU

En mai 2009, un promeneur parisien a fait une étrange rencontre : un python royal s'était installé dans un arbre du parc des Buttes-Chaumont. Si ces serpents n'ont bien sûr pas envahi la ville, l'écosystème urbain est un des milieux où les événements d'introduction et les espèces exotiques sont les plus nombreux. Cela concerne des animaux, qui s'échappent ou sont relâchés, comme des plantes qui sortent des jardins et s'acclimatent dans d'autres espaces. Le programme européen daisie a montré que l'habitat « parcs, jardins et terres cultivées » est celui qui abrite le plus d'espèces d'oiseaux, d'amphibiens et de reptiles exotiques, soit respectivement 72 et 38 espèces en Europe (les amphibiens et les reptiles sont comptés ensemble). En France, les plantes exotiques naturalisées représenteraient 20 pour cent des espèces présentes dans les friches des Hauts-de-Seine, en Île-de-France (soit 73 espèces, dont 6 invasives), 88 pour cent (dont quatre pour cent d'invasives) de celles plantées dans les jardins des espaces périurbains de Provence, et 25 pour cent des espèces peuplant les bosquets urbains non jardinés des villes de l'Ouest.

Ce phénomène suscite une attention nouvelle. La ville et ses jardins accueillent depuis longtemps de nombreuses plantes exotiques pour leur esthétisme et leur influence sur la qualité du cadre de vie, mais la donne a un peu changé : la notion de biodiversité s'est étendue à la ville et s'accompagne déjà de précautions de gestion. La ville est en effet devenue de plus en plus verte, avec des milliers d'arbres plantés, des zones naturelles dans les parcs et des jardins privés buissonnants. Sans remettre en cause les bénéfices historiquement apportés par les espèces exotiques aux jardins, il faut aujourd'hui accorder une attention particulière à la conservation de la biodiversité de cet...

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Philipe clergeau

L’écureuil gris du canada fait partie des nouveaux animaux de compagnie, ou NAC, introduits en Europe pour l’agrément des particuliers. Présent en Angleterre (comme ici dans un parc de Bristol) et en Italie, il devrait arriver progressivement en France dans quelques années. Souvent relâchés dans la nature et dans les parcs urbains lorsqu’ils grandissent, les NAC s’y propagent d’autant plus facilement qu’ils sont protégés et nourris par le public.

L'auteur

Philippe CLERGEAU est professeur au Département écologie et gestion de la biodiversité du Muséum national d'histoire naturelle, à Paris.

Pour en savoir plus

• D. Strubbe et E. Matthysen, Experimental evidence for nest-site competition between invasive ring-necked parakeets Psittacula krameri and native nuthatches Sitta europaea, in Biological Conservation, vol. 142, pp. 1588-1594, 2009.

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