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Dossier Pour la Science N°64 - juillet - septembre 2009

fondamental
Planétologie

Quand les planètes s'évaporent

Certaines planètes jouent avec le feu : elles s'approchent trop de leur étoile, qui souffle leur atmosphère et ne laisse qu'un résidu rocheux.
Alain Lecavelier des Étangs
L'étoile, énorme, brille à travers les brumes diffuses de l'atmosphère. Les couches supérieures, surchauffées par le rayonnement stellaire, sont soufflées et s'échappent dans l'espace à un rythme soutenu. D'ici quelques centaines de millions d'années, l'enveloppe de gaz aura entièrement disparu, seul subsistera le cœur de roches mis à nu. Quelque part dans la galaxie, une planète géante se sera évaporée dans l'espace pour s'être trop rapprochée de son étoile.

Ce scénario est sans doute assez réaliste. Les astronomes s'interrogent depuis longtemps sur ce qu'il adviendrait d'une planète gravitant trop près de son étoile : l'atmosphère résisterait-elle au rayonnement intense ? Depuis bientôt une quinzaine d'années, les astronomes ont découvert plusieurs planètes extrasolaires et, récemment, une planète géante, Osiris, dont l'atmosphère s'évapore (voir la figure ci-dessus). Quel est le destin de telles planètes ? Leurs dépouilles constitueraient une nouvelle classe de planètes encore inconnue, celle des planètes chtoniennes. Examinons comment les astronomes ont fini par se convaincre de l'existence de planètes qui ont perdu leur atmosphère, et comment ils tentent d'identifier ces planètes résiduelles.

En juillet 1995, quelques mois à peine avant l'annonce de la découverte de la première exoplanète, 51 Pegasi b, par l'équipe genevoise de Michel Mayor, les spéculations sur l'existence éventuelle de systèmes planétaires autour d'autres étoiles allaient bon train. Curieusement, lors d'un colloque à l'Observatoire de Haute-Provence, le dernier sur cette thématique avant le début de l'ère des exoplanètes, une question en apparence anodine revenait sans cesse dans les discussions : si l'on suppose que les exoplanètes existent, quelle est la plus petite distance entre une géante gazeuse et son étoile en deçà de laquelle le rayonnement stellaire devient si intense que...

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Didier Florentz

L'auteur

Alain LECAVELIER DES ÉTANGS est chargé de recherche à l'Institut d'astrophysique de Paris, cnrs-Université Pierre & Marie Curie.

Pour en savoir plus

• A. Vidal-Madjar et al., An extended upper atmosphere around the extrasolar planet HD 209458b, in Nature, vol. 422, pp. 143-146, 2003.

• D. Rouan et al., Has Corot discovered the first transiting super-Earth around a main sequence star ?, Corot International Symposium I, 2009.

• A. Lecavelier des étangs, A diagram to determine the evaporation status of extrasolar planets, in Astronomy & Astrophysics, vol. 461, pp. 1185-1193, 2007.

• A. Lecavelier des Étangs, A. Vidal-Madjar, J. Mc Connell et G. Hébrard, Atmospheric escape from hot Jupiters, in Astronomy & Astrophysics, vol. 418, L1, 2004.

• A. Vidal-Madjar et al., An extended upper atmosphere around the extrasolar planet HD 209458b, in Nature, vol. 422, pp. 143-146, 2003. 

• En vidéo, les simulations numériques de l'évaporation d'Osiris .

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